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L’eau est une richesse

Découvrez les enjeux et la portée du Contrat de Territoire Eau et Climat.

Catégorie(s) : Le mag'

François Henrion, « l’eau est une richesse »

Vice-Président de l’Eurométropole, François Henrion prend, à la suite de Bruno Valdevit, la responsabilité de l’eau dans l’intercommunalité. L’élu explique la portée du Contrat de territoire eau et climat.

Pourquoi ce contrat signé avec l’agence de l’eau est-il si important ?

Parce que l’enjeu de l’eau traverse toutes les politiques de l’Eurométropole : l’aménagement du territoire, l’assainissement, la voirie, le développement durable, etc. Prenez l’exemple du Plan Local d’Urbanisme intercommunal, en cours d’élaboration. La réglementation sur les constructions doit prendre en compte l’infiltration des eaux pluviales, mais aussi l’adduction de l’eau potable. Au moment de programmer l’aménagement de nouveaux lotissements, il faut en effet vérifier que la ressource en eau est suffisante. Autrefois on ne se préoccupait pas de ces questions, aujourd’hui elles sont essentielles ! Chacun doit être conscient que l’eau est une richesse, il faut la préserver.

Le Contrat de territoire eau et climat nous a permis de définir des axes de travail forts sur un ensemble de missions (lire en encadré). C’est un cadre général, qui reste ouvert et va permettre d’accompagner financièrement différents projets des communes.

L’eau peut se faire rare, comme cet été, ou au contraire provoquer des inondations. Quel est l’impact de ces problématiques sur notre territoire et comment y faire face ?

Le changement climatique se ressent de façon importante sur notre région. Les terrains peuvent effectivement être complètement asséchés ou au contraire essuyer des précipitations abondantes en quelques heures, ce qui jusqu’à présent était assez rare chez nous. Pour faire face à tous ces phénomènes, nous devons protéger la ressource en eau, mais aussi préserver les terres qui jouent un rôle d’absorption

Nous faisons aujourd’hui des choix permettant à l’eau de s’infiltrer dans le sol afin qu’elle alimente les nappes phréatiques et les sources. Il faut la replacer dans son cycle « évaporation infiltration » en proposant d’autres solutions que le bitume, dans les cours d’écoles ou sur les voies cyclables par exemple. 

Les financements de l’Agence de l’Eau pourront aussi aider les communes à acquérir des prairies, notamment en zone humide. Cela évitera que ces terrains ne soient labourés et cultivés, ce qui ne ferait qu’accélérer le ruissellement. 

Vous pensez à la prévention des inondations, mais aussi à la protection de la biodiversité ?

Oui, dans le sens où les prairies jouent un important rôle d’éponge dans le bassin-versant des rivières. Conserver les prairies permet au cours d’eau de s’y épandre sans encombrer son lit mineur avec les alluvions. Et lorsque la rivière se répand dans la prairie, qui est son lit majeur, elle crée des mares, favorise les insectes, en bref, elle crée la vie ! Et, sans eau, pas de vie !

Comment l’Eurométropole peut-elle gérer l’impact de la Moselle sur son territoire, alors que la rivière dépasse largement les limites géographiques des 45 communes ?

Il faut en effet s’occuper de la rivière de sa source à son bassin-versant. C’est la raison d’être du Syndicat mixte Moselle Aval, qui regroupe 12 intercommunalités depuis le nord de la Lorraine jusqu’à Pont-à-Mousson. Nos voisins allemands et luxembourgeois gèrent la partie en aval.

Contrat de territoire eau et climat, les grands axes

• L’eau, le climat et la biodiversité : les piliers d’un aménagement de territoire urbain et résilient
• L’eau, source de biodiversité à préserver et à reconquérir
• La lutte contre les pollutions de l’eau 
• L’eau, une ressource à protéger et à économiser 
• La sensibilisation du public aux nouvelles pratiques
• L’eau, un bien sans frontière

Des projets concrets

Le témoignage de Philippe Gleser, Vice-Président de l’Eurométropole chargé de la transition écologique et des paysages.

« Le Contrat signé avec l’Agence de l’Eau va nous permettre d’accélérer notre action de transition écologique. Exemple concret de projets, la végétalisation et désimperméabilisation des cours d’écoles. Retirer le macadam représente un enjeu important pour la biodiversité, mais surtout pour la qualité de vie de nos enfants. C’est l’espace urbain qu’il convient de repenser en fonction de cet élément central et 
indispensable qu’est l’eau
!

Nous agissons également sur un volet de Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations). D’importants investissements de renaturation des cours d’eau et de gestion des crues et inondations sont en cours. C’est le cas par exemple pour le ruisseau de Saulny avec un programme de 2,7 millions d’euros.

Des études sur la gestion des eaux de pluie sont également engagées. L’enjeu n’est plus de collecter les eaux pluviales pour les canaliser et les traiter, mais de les infiltrer au plus près, de les stocker sur nos territoires : puits d’infiltration, tranchées drainantes, création de mares ou de lagunes, etc.

En réalité, comme pour les cours d’école, nous revenons à des techniques en usage autrefois. Cette réappropriation de l’eau au service de l’écologie a un coût important et ne pourrait se réaliser sans le soutien financier de l’Agence de l’Eau. 

Toutes ces actions amélioreront la capacité de résilience de notre territoire en l’adaptant aux inévitables conséquences du changement climatique. »
 

Régie de l’eau de l’Eurométropole de Metz : L’eau sous contrôle, de la source à nos habitations

Le Contrat de Territoire Eau et Climat va permettre à la Régie de l’eau de l’Eurométropole de poursuivre la modernisation de ses installations et de préserver ses ressources.

 « On est loin de s’imaginer tout ce qu’il se passe pour que l’eau potable arrive lorsque l’on tourne son robinet ! » Pierre Muel, Président de la Régie de l’eau de l’Eurométropole de Metz et Maire de Marieulles-Vezon tient à le rappeler, l’alimentation des habitations en eau courante suppose toute une chaîne de savoir-faire. 

À commencer par la protection des ressources en eau. Celles qu’exploite la régie sont au nombre de trois : le captage de Châtel-Saint-Germain (vallée de Montvaux), celui de Maison rouge à Moulins-lès-Metz (nappe alluviale de la Moselle) et les sources de Rozérieulles. Sous surveillance permanente, l’élément indispensable à nos vies est acheminé par canalisations depuis les différentes ressources jusqu’au réservoir de tête, le château d’eau de Blory à Montigny-lès-Metz, puis réparti dans 13 réservoirs de secteur, à raison de 9 000 m3 par jour en moyenne. Des prélèvements de contrôle sont réalisés au quotidien par les équipes de la régie, complétés par les relevés mensuels de l’ARS (Agence Régionale de Santé).

« L’eau est de qualité suffisante pour être distribuée sans traitement, explique Morgane Pitel, directrice de la Régie. Toutes nos ressources sont équipées de capteurs. Les alertes d’éventuelles dérives des paramètres de qualité parviennent immédiatement à nos agents, capables d’intervenir 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. », précise-t-elle.

Améliorer le rendement du réseau

Les 300 kilomètres de conduites du réseau sont également auscultés en permanence. Objectif : limiter les fuites. « Nous mesurons si le volume sortant du château d’eau est le même que celui qui part de la source, et cherchons à améliorer le rendement du réseau, pour atteindre les 85 % fixés par le Grenelle de l’environnement. En 2021, nous étions à 83 %, contre 73 % auparavant », détaille la directrice.

Les conduites sont en cours de renouvellement au rythme d’un kilomètre par an. « Les tronçons les plus anciens datent de 1940. L’acier est remplacé par de la fonte, plus durable », précise Pierre Muel.

La Régie de l’Eau s’engage sur le volet du Contrat de Territoire Eau et Climat concernant la protection et l’économie de la ressource en eau. L’Agence de l’eau apporte son soutien financier (estimé à 2,07 millions d’euros sur 9,3 millions d’euros d’investissements de la régie) aux actions de lutte contre les pollutions sur les captages de la vallée de Montvaux, au renouvellement de la canalisation principale et des conduites, ainsi qu’à la réhabilitation du Château d’eau de Blory à Montigny-lès-Metz.

Dernière mise à jour : 13/10/2022

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