Costumières et costumiers à l'oeuvre
Le mag'
Opéra-Théâtre
Publié le 09/07/2026
De l’atelier costumes de l’Opéra-Théâtre, hébergé sur le Plateau de Frescaty pendant les travaux de la place de la Comédie, sortent des merveilles cousues par des mains virtuoses. Rencontre.
Si les spectacles déroulent actuellement leur féerie hors les murs, c’est aussi le cas de l’atelier de confection, installé depuis juin 2025 dans un local lumineux sur l’ancienne BA 128, comme l’ensemble des équipes techniques.
Imaginés par des créateurs invités, les costumes font l’objet de maquettes présentées au metteur en scène des mois avant le spectacle. Charge à Christelle Feil, responsable de l’atelier, et à son équipe - deux couturières et un couturier, auxquels on adjoint les services d’une coupeuse - de faire en sorte que ces vêtements de scènes « fantasmés » deviennent réalité.
Le choix des tissus, « souvent des matières peu communes, des pépites », fait partie de l’aventure, ainsi que la réalisation du patron, « étape essentielle confiée à la coupeuse. Le costume doit être pensé aussi pour fournir des solutions techniques, par exemple lorsque les artistes doivent se changer en 30 secondes », expose la responsable.
Cet hiver, les professionnels s’attelaient à la confection des costumes de Norma. Essayée quelques jours avant les représentations à l’Arsenal, la robe d’Adalgisa - l’un des deux rôles féminins majeurs de l’œuvre de Bellini - soulève l’admiration.
Des costumes à faire rêver
« On travaille des matières et des formes incroyables, qui présentent des défis techniques permanents. Un vrai travail d’équipe pour trouver toutes les solutions de finition », notent Solange Botz, Élodie Viennot et Éric Masson, au service de l’atelier depuis respectivement 15, 10 et 23 ans. La cuirasse du consul romain Pollione, confectionnée dans un tissu gaufré doublé de ouatine, sera légèrement patinée à la peinture « pour vieillir le costume. »
Les robes, tuniques et autres habits peuvent également être réemployés : « on modifie certaines pièces [soigneusement conservées dans un local à l’abri de la lumière et de l’humidité] pour les faire porter sur de nouveaux spectacles », expose la responsable.
Dans le contexte de la saison hors les murs ou des productions en tournée, « les spectacles peuvent se chevaucher, mon rôle est d’imbriquer tout cela », explique celle qui a été costumière pendant 30 ans avant d’orchestrer tout le fonctionnement du service. Certains des créateurs rencontrés à Metz l’ont marquée : Arthur Aballain, pour l’opérette Les Saltimbanques en 1997, « un artiste costumier qui fait rêver les gens avec son sens du spectacle et des couleurs ». Ou encore Giovanna Fiorentini, invitée depuis 2014 sur de nombreux spectacles, dont Christelle a apprécié « la finesse et la délicatesse de costumes très aboutis ».
Dernière mise à jour : 09/07/2026