Festival Passages : Nouveaux rivages et précieuses paroles d’artistes
Le mag'
Culture
Publié le 25/06/2026
Depuis 15 ans implanté à Metz, Passages fêtait aussi ce mois de mai les cinq ans de sa métamorphose en Transfestival, rencontre toujours plus féconde d’expressions artistiques. Les arts visuels faisant partie du voyage, le mag’ a rencontré Rana Yasser, Menna Wassem et Salma Ahmed, jeunes artistes venues du Caire, invitées à installer leurs collages dans la ville.
Le festival transdisciplinaire rappelle toujours combien nos cultures s’enrichissent de rencontres, de voyages et de partages. Alors que le mois de mai oscillait entre pluie, vent et soleil, on découvrait, au cœur de cette édition intitulée Nouveaux rivages, le projet Cairo reassembled.
Trois jeunes créatrices issues de l’école d’art du Caire mêlent images d’archives numérisées, photographie et peinture. Leurs collages urbains, exposés durant le festival à la galerie Octave Cowbel, place de la République et sur la façade de l’ancienne bâtisse du magasin C&A rue Serpenoise, ravivent des sédiments de culture entrecroisés : bribes d’images du centre historique de leur ville où démolitions et réhabilitations se superposent, ou encore réminiscences de culture d’Égypte ancienne agrégées à des éléments orientaux.
Et les artistes de rappeler : « La culture de l’Égypte ne se réduit pas au cliché des trois pyramides », insistent-elles, inspirées tant par les tours de pigeonniers antiques que par des éléments de cultures anciennes copte et chiite, ou encore les visages si expressifs des « portraits du Fayoum », ressurgis de l’époque romaine. « Les personnes qui décédaient étaient peintes sur bois. Les mesures étaient prises de leur vivant », expliquent les jeunes femmes, qui convoquent aussi des figures du cinéma comme Omar Sharif et autres stars.
À Metz, les créatrices ont collaboré avec les étudiantes de l’École supérieure d’art de Lorraine (ESAL) Lisandre Crochet, Johan Grandjean, Célestine Lentretien et Constance Rondeau, et ont intégré des éléments du patrimoine messin à leurs travaux.
« Au moment où l’on ne sait plus comment regarder le monde, on a besoin d’entendre des paroles d’artistes, qui sont précieuses »,
exprime Benoît Bradel, directeur de Passages.
Le responsable, qui avait découvert le travail de Rana, Menna et Selma lors du festival pluridisciplinaire D-CAF au Caire, s’attache à faire connaître au public messin tant le travail d’artistes émergents, « même très jeunes » que de créateurs majeurs.
En collaboration avec Bout d’Essais
La série photographique Raw de l’artiste franco-algérienne Leïla Bakouche était également exposée place de la République pendant la durée du festival. Cette exposition était le fruit d’une collaboration avec l’association messine Bout d’essais et son événement Musicophotographie, dont la 5e édition était organisée le 16 mai dernier à l’Arsenal Jean-Marie Raush.
Leïla Bakouche photographie la jeunesse méditerranéenne et relaie les espoirs fragiles d’une génération cherchant à se frayer un passage entre impasse et émancipation.
Dernière mise à jour : 15/06/2026